• Soutenez le droit des villageois!

    Neuf mille personnes de trente-sept villages affectés, plus de vingt-six mille hectares de terres protégées accaparées : au Sénégal, l’entreprise Senhuile SA dépossède des milliers de femmes, d’hommes et d’enfants de leur unique ressource pour vivre, leurs terres. Pas de prise en compte des droits des populations locales, un accaparement de terres honteux, une mise en péril directe de la sécurité alimentaire des habitant-e-s de la région de Ndiaël : la liste est longue ! 

    Afin de défendre leurs droits, les communautés locales, qui s’opposent au projet depuis le début, ont créé le Collectif pour la défense de la réserve de Ndiaël. Les multiples protestations de Peuples Solidaires, des communautés et des sept partenaires de l’Appel Urgent (GRAIN, Re:Common, Oakland Institue, ActionAid Italie, ActionAid Sénégal, le CNCR et ENDA Pronat) auprès de l’entreprise Senhuile-Senethanol n’ont pas apporté de solutions satisfaisantes.

    Aidez-nous à mettre un terme à ce projet scandaleux en signant cet Appel Urgent !  POUR ACCÉDER À LA PAGE DES SIGNATURES

     

    Aujourd’hui, la majorité des habitant-e-s de la région de Ndiaël au nord du Sénégal s’opposent au projet Senhuile-Sénéthanol qui les prive d’une partie de leurs terres et de leurs moyens de subsistance. La sécurité alimentaire de 9 000 habitant-e-s de la zone concernée par le projet est sérieusement menacée par cette entreprise sénégalo-italienne. Cet accaparement de terres ne respecte pas les droits des populations locales. Il faut arrêter ce projet.

    Un projet contesté dès son lancement

    En 2010, l’entreprise Sénéthanol SA, basée à Dakar, se voit accorder 20 000 hectares de terres dans la région de Fanaye pour cultiver de la patate douce afin de produire des agrocarburants pour l’Europe. La majorité des populations locales qui ont besoin de ces terres pour se nourrir et subvenir à leurs besoins s’opposent fermement au projet. La tension monte rapidement et vire à la tragédie le 26 octobre 2011 lorsque deux paysans sont tués et des dizaines d’autres blessés lors d’une manifestation contre le projet. En réaction, le Président de l’époque Abdoulaye Wade suspend le projet mais le ré-autorise en mars 2012, entre les deux tours de l’élection présidentielle, dans la réserve naturelle de Ndiaël, à 30 km à l’ouest de Fanaye. Pour ce faire, il déclassifie 26 650 hectares de zone protégée, en accorde 20 000 à l’entreprise et réserve les 6 650 restants pour la relocalisation des villages de la zone. Nouvellement élu, le Président Macky Sall annule à son tour le projet pour le ré-autoriser quelques mois plus tard. Depuis, le projet est mis en œuvre par l’entreprise Senhuile SA, un consortium détenu à    51 % par Tampieri Financial Group, basé en Italie et à 49 % par Sénéthanol SA, basée à Dakar. Il viserait désormais à produire du tournesol (pour l’Europe), de l’arachide (pour le marché local) et des aliments pour le bétail. Les intentions réelles de Senhuile en matière de cultures et d’utilisation des terres restent opaques.

    Des conséquences dramatiques pour les populations locales

    La zone du projet affecte 37 villages, soit près de 9 000 personnes, vivant en grande partie de l’élevage semi-nomade (100 000 têtes de bétail). Les opérations de l’entreprise les privent d’un accès à la majorité de leurs pâturages, et aux sources de nourriture, d’eau et de bois de chauffage. Les femmes notamment sont contraintes de parcourir de très longues distances pour accéder à ces ressources. Le projet prévoit même le déplacement de certains villages. Par ailleurs, l’entreprise n’a pas tenu ses promesses de construction d’infrastructures (hôpitaux, écoles) ou de création d’emplois et n’a versé quasiment aucune compensation aux populations affectées. Privé-e-s d’une majorité de leurs terres, les habitant-e-s de la zone ne peuvent plus subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs familles.

    « Si le projet reste ici, nous serons obligés de quitter notre village ». Rougui Sow, villageois de Kadoudef

     

    Afin de défendre leurs droits, les communautés locales, dont la majorité s’oppose au projet depuis le début, ont créé le Collectif pour la défense de la réserve de Ndiaël. Les multiples protestations des communautés et les tentatives de négociations avec l’entreprise n’ont pas apporté de solutions satisfaisantes. Les 37 villages affectés restent déterminés à retrouver leurs terres et demandent à Senhuile-Sénéthanol de mettre fin à ses opérations dans la zone.

     

     

     

     

     

     

     

     

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